21 Février 2013
L’équipe d’opposition mairie d’avignon
Le tram, les transports collectifs :
des demi vérités pour finir par un gros mensonge
De débats tronqués en propagande à caractère publicitaire, la question des transports collectifs
et de la création de lignes de tram a décidément bien du mal à provoquer la réflexion citoyenne
qu’un investissement de cette ampleur requiert. Alors nous, élus socialistes du Conseil
Municipal voudrions faire quelques mises au point et proposer une méthode pour avancer :
- Premier constat : l’état des transports publics est dans notre ville loin d’être satisfaisant. Une
autre façon de le gérer, fondée sur des indicateurs socio économique repensés et en repensant
sa mission de service publique est indissociable de l’important effort d’investissement à consentir.
En toute logique tout ceci doit s’inscrire dans ce que la loi décrit comme le Plan de Déplacement
Urbain dont la finalisation est urgente.
- Deuxième constat : un grand projet moderne est mobilisateur, nous en approuvons le principe
mais il faut résister aux gadgets, aux dépenses de prestige à seule fin électoraliste.
- Troisième constat : la ville et l’agglomération ont besoin d’un véritable RESEAU et pas d’une(ou
deux) ligne car il faut désenclaver nombre de quartiers mal ou insuffisamment desservis.
Le projet de tram est spectaculaire, potentiellement mobilisateur grâce à l’attrait de la nouveauté
mais il est cher et son financement est déstabilisant et pour longtemps.
De plus son coût même conduit à limiter l’effort au point que l’espoir de revitalisation d’un réseau
cohérent de transport doit être abandonné. Et là il faut débusquer les demi-vérités et les
gros mensonges :
- Faire financer ce projet par le Grand Avignon signifie sans doute que les autres investissements
de l’agglomération iront vers les autres communes, et pour longtemps. Car la règle est
en effet une répartition équitable des efforts et là Avignon tire une grosse créance. Gouverner
c’est choisir, dira-t-on, mais a-t-on pris la mesure de ce à quoi nous renonçons ?
- 130 Md’emprunt, cela représente une moitié à la charge des avignonnais. Au prix d’une
diète répétée, la majorité de Mme Roig triomphe quand année après année la dette municipale
recule de 3 ou de 5 M. Où est la cohérence de creuser une dette qui à son tour paralysera
l’agglomération ?
- Relever le versement transport n’est pas sans conséquence. C’est soit amputer le potentiel
d’évolution des salaires, soit faire peser une charge sur les entreprises. Et ne nous étonnons
pas qu’elles restent silencieuses tant elles sont dominées par le lobby Auchan et consorts qui
voient trop bien leurs bénéfices….
- Dire que le projet est sous contrôle parce que le coût reste le même quand on a raccourci
massivement la seconde ligne n’abusera évidemment personne.
- Refuser d’harmoniser le tracé et les correspondances (Fontcouverte, Saint-Lazare) avec la future
ligne TER est égocentrique. Comme il est nécessaire de repenser la LEO pour créer une
connexion et de résoudre le noeud projeté à l’Amandier.
- Et on n’insiste pas sur les inconvénients « locaux » : l’asphyxie programmée et voulue du tour
des Remparts obligera à des investissements coûteux pour créer des trajets de substitution,
sans parler du gadget absolu, le cheminement sur la rue de la République pour desservir le bureau
du… Maire !
Alors que faire ? Accepter de discuter tous ensemble, élus de tous bords, commerçants, habitants
des quartiers, chefs d’entreprise. Accepter l’urgence d’un investissement majeur. Accepter
la nécessité de concevoir un réseau cohérent et s’il le faut admettre un choc psychologique de
type tramway mais pour un coût plus réduit et donc avec un tracé modeste pour permettre un
projet d’ensemble et ambitieux !
Elus socialistes :
David FOURNIER, Paul HERMELIN,
Christine LAGRANGE, Chantal LAMOUROUX.